Les ANITI Days 2026, organisés à la Cité de Montaudran avec le soutien de la Région Occitanie, ont réuni plus de 330 participantes et participantsautour des grands enjeux scientifiques et sociétaux de l’intelligence artificielle. Pendant deux jours, la communauté académique et industrielle a pu échanger au travers de conférences de pointe, de sessions posters et de temps conviviaux.
Des humains et des machines : enjeux éthiques et sociétaux
La première après‑midi a débuté par une présentation de l’IA Cluster et une introduction des journées par Serge Gratton, notre directeur scientifique, qui a rappelé la dynamique collective portée par ANITI. La Session 1, intitulée « Humains et machines : de la surveillance à la servitude », a réuni plusieurs chercheuses et chercheurs autour des impacts sociaux et éthiques de l’IA.
Parmi les interventions marquantes :
- Sandra Laporte (TSM), « Falling out with AI-buddies: The hidden costs of treating AI as a partner versus servant during service failure », interrogeant la façon dont nous attribuons rôles et responsabilités aux systèmes d’IA.
- Sylvie Borau (TBS), « The Primacy of Gender in AI: Ethical Implications », mettant en lumière les biais de genre dans les systèmes d’IA.
- Margareth Warthon (UT), sur le thème de l’« Agentic AI », en discutant des implications d’agents artificiels plus autonomes.
- Jean-François Bonnefon (TSE), « Delegating to machines increases dishonest behavior », analysant le rôle de la délégation aux algorithmes dans nos comportements.
- Jessica Eynard (UT Capitole), « Algorithmic Video surveillance and Law Enforcement Authorities », au croisement entre IA, surveillance et droit.
Un temps d’échanges avec la salle a permis de croiser les regards en philosophie, droit, économie, marketing et sciences de gestion.
Théorie, données, modèles : les nouveaux fondements de l’IA
La Session 2, « Théorie, données, modèles : quels fondements pour l’IA ? », co‑animée par Edouard Pauwels et Nicholas Asher, a mis en avant des travaux à l’interface entre mathématiques, science des données et logique.
Le long exposé de David Donoho (Stanford University), « Nobel Prizes for Data Science », est revenu sur l’émergence de prix Nobel récompensant des contributions centrales en science des données, portées notamment par les benchmarks, le partage de données et de code, et les compétitions. Il a proposé une lecture des « préférences révélées » des comités Nobel et de la nouvelle philosophie scientifique qui se dessine autour des pratiques de data science.
Trois exposés courts sont ensuite venus illustrer la diversité des approches théoriques :
- Clément Lalanne (Institut de Mathématiques de Toulouse), « Make Your Training Loop Private: A Hands-On Introduction to Differential Privacy », montrant comment rendre un entraînement de modèles plus respectueux des données sensibles.
- Emiliano Lorini (IRIT), « Reasoning in Interaction », défendant la nécessité de cadres logiques unifiés pour doter les agents artificiels de capacités de raisonnement normatif, explicatif et éthique, compatibles avec les LLM.
- Rufin VanRullen (Centre de Recherche Cerveau et Cognition), « Neurocognitive architectures for modern AI », montrant comment les théories de l’organisation fonctionnelle du cerveau peuvent inspirer des architectures d’IA plus efficaces et plus compatibles avec l’humain.
La journée s’est conclue par un spectacle suivi d’un apéritif dînatoire, favorisant les échanges entre participantes et participants.
Modèles physiques, sciences appliquées et défis industriels
La matinée du 17 février était consacrée aux approches de modélisation pour les systèmes physiques et environnementaux, avec un focus sur les méthodes d’IA « physics‑informed » et les modèles de substitution.
Sont notamment intervenus :
- Iain Henderson (ISAE‑Supaero), « Physics-informed Gaussian processes ».
- Jérémy Rohmer (BRGM), « Surrogate modelling for oceanographic problems ».
- Michael Bauerheim (ISAE‑Supaero), « Surrogate modelling using implicit neural representations methods and uncertainty quantification ».
- Simone Pezzuto (University of Trento), « Physics-informed neural networks for inverse problems and unstructured geometries in electrocardiology ».
Une session posters avec un corner industriels a ensuite permis aux équipes de recherche et aux partenaires socio‑économiques de présenter leurs travaux et cas d’usage, renforçant le dialogue entre monde académique et industrie.
La relève : doctorant·es et post‑docs au centre
L’après-midi a débuté par la session « Parole aux PhD et Post‑docs », donnant la scène aux jeunes chercheuses et chercheurs des différentes chaires et projets ANITI. Parmi les intervenant·es figuraient notamment Lucas Lima Lopes et Kelina Poujade (ADDX), Antonin Poché (C3PO), Arthur Chiron, Thomas Massena et Thibault Boissin (CALM), Eliott Lumet (EXPLEARTH), Hugues Rauwel (HEROIC), Fatima‑Zahrae El‑Boukklouri (PILearnWater), Julien Prissimitzis et Richard Faucheron (RELEO), ou encore Victor Boone (RL4SN).
Ces présentations courtes ont illustré la vitalité de la communauté ANITI sur des sujets allant de l’apprentissage automatique à la robotique, en passant par les applications environnementales, industrielles ou sociétales.
Robotique, apprentissage par renforcement et modèles de fondation
La Session 4 était dédiée aux « Apprentissage par renforcement et modèles de fondation en robotique », coordonnée par Olivier Stasse et Nicolas Mansard. Après une introduction d’Olivier Stasse, plusieurs interventions ont mis en lumière les avancées en robotique, contrôle et modèles d’IA de nouvelle génération.
- Shizhe Chen (INRIA), « 3D-enhanced vision-language-action models for generalizable robot manipulation », a détaillé des approches pour améliorer la compréhension 3D des environnements, apprendre des compétences de manipulation à partir de vidéos humaines, et combiner modèles vision‑langage et politiques de contrôle 3D pour mieux généraliser à de nouveaux objets et tâches.
- Armand Jordana (post‑doctorant au LAAS‑CNRS, équipe Gepetto), « Handling Contact and Constraints in MPC for Legged Robots », a présenté des méthodes de contrôle prédictif non linéaire permettant de générer des mouvements complexes tout en gérant les contraintes de contact et l’incertitude.
- Alexandre Arnold (AIRBUS), « Airbus Robotics & AI Research », a illustré les collaborations entre grands industriels et laboratoires académiques autour de la robotique et de l’IA.
Les journées se sont clôturées par un discours de Serge Gratton, aux côtés de Philippe Toint, revenant sur les principaux enseignements des ANITI Days 2026 et les perspectives pour les prochains mois.
































Crédits photos : Deuxiemestudio.fr